A savoir
Visite guidée de l' exposition Figuration Narrative d'une durée d'1h30, lundis et samedis à 15h et les mercredis à 19h. RDV 1/4h avant au comptoir "Groupes".
La Figuration narrative n’a jamais été un mouvement proclamé comme tel. Elle est née de l’action du critique d’art Gérald Gassiot-Talabot et des peintres Bernard Rancillac et Hervé Télémaque qui, en juillet 1964, organisent ensemble au Musée d’art moderne de la Ville de Paris l’exposition « Mythologies quotidiennes ».
Au moment même où le Pop Art triomphe à la Biennale de Venise et s’impose en Europe, l’exposition « Mythologies quotidiennes » réunit 34 artistes (dont Arroyo, Bertholo, Bertini, Fahlström, Klasen, Monory, Rancillac, Recalcati, Saul, Télémaque, Voss…) qui, comme leurs homologues américains, placent la société contemporaine et ses images au cœur de leurs œuvres.
Quelques mois plus tard, le Salon de la Jeune Peinture est bouleversé par l’arrivée en force de jeunes peintres (Arroyo, Aillaud, Cueco…) qui se fixent l’objectif de faire à nouveau de l’art un outil de transformation sociale.
Force attractive, la figuration narrative rassemble ainsi au cours des années 60 des peintres venus d’horizons esthétiques ou géographiques différents (tels les premiers nommés mais aussi Adami, Erró, Fromanger, Stämpfli…) qui, travaillant à partir de l’image photographique ou cinématographique, de l’imagerie publicitaire, de la bande dessinée ou même de la peinture classique, aboutissent à des œuvres qui détournent la signification première de ces représentations pour en révéler des sens inattendus, suggérer d’autres narrations, montrer leurs implications politiques.
Au cours de ces années, la figuration narrative se démarque ainsi de la neutralité sociale de l’Ecole de Paris comme du formalisme du Pop Art américain et dénonce les aliénations de la vie contemporaine. L’effervescence de la fin des années 60 favorisera d’ailleurs l’engagement des plus militants des peintres de ce mouvement dans la vie politique et, particulièrement, dans les événements de mai 68 à Paris.
Regroupant plus de cent peintures, objets ou films, l’exposition « Figuration narrative. Paris, 1960-1972 » est conçue comme une exploration des sources parisiennes du renouveau figuratif qui marque l’histoire de l’art des années 60.
Leur rassemblement, que l’on peut considérer comme le plus à même de rappeler l’inventivité de ces années fondatrices, permet de saisir le climat d’apparition de ces œuvres. Suivant un parcours dynamique mettant en valeur les thématiques majeures qui ont inspiré la plupart de ces artistes, l’exposition se divise en différentes sections nettement distinctes :
1) Aux origines de la Figuration narrative
2) Mythologies quotidiennes (1964)
3) Figuration narrative et bande dessinée
4) L’art du détournement de la peinture
5) Figuration narrative et roman noir
6) Figuration narrative et politique